
La semaine a été marquée par une vive controverse concernant Michael Rousseau, le PDG d’Air Canada, et sa capacité à communiquer en français. Alors que les élus québécois se préparent à voter une motion demandant sa démission, M. Rousseau s’est dit “profondément attristé” par cette polémique, estimant qu’elle détourne l’attention du deuil des familles touchées par la récente tragédie aérienne.
Lundi, Air Canada avait diffusé une vidéo de M. Rousseau présentant ses condoléances, presque exclusivement en anglais. Cette initiative a suscité une vague d’indignation au Québec. Jeudi matin, le PDG a publié deux communiqués, en français et en anglais, s’excusant pour sa faible maîtrise de la langue. Il avait déjà promis de suivre des cours après une première controverse en 2021, lors d’une conférence de presse tenue uniquement en anglais.
“Malgré un grand nombre de leçons au fil des années, je demeure incapable de m’exprimer adéquatement en français”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il continue ses efforts pour s’améliorer. La vidéo de M. Rousseau a déclenché une tempête politique. Pratiquement tous les partis politiques québécois, y compris le premier ministre François Legault, ont dénoncé ce message contenant seulement deux mots en français : “bonjour et merci”.
Une motion sera déposée jeudi par le gouvernement Legault pour exiger son départ. Cette motion dénonce “le manque de respect du PDG d’Air Canada envers la langue française, les familles québécoises endeuillées et l’ensemble des francophones de la fédération”. Elle souligne également que M. Rousseau n’en est pas à son premier faux pas linguistique et rappelle que le français est la seule langue officielle du Québec. La motion exige que le prochain PDG d’Air Canada maîtrise suffisamment le français.
Le ministre de la Justice et des Relations canadiennes, Simon Jolin-Barrette, a interpellé les membres québécois du conseil d’administration d’Air Canada, Jean Marc Huot et Madeleine Paquin, pour qu’ils prennent position publiquement. Il estime que ce sont eux qui doivent définir les objectifs du PDG. “Air Canada est assujetti à la Loi sur les langues officielles et a des obligations envers la population canadienne, en particulier les francophones”, a-t-il insisté.
Pascale Déry, ancienne directrice des relations médias d’Air Canada, estime que M. Rousseau est incorrigible. “Il y a cinq ans, nous avons vécu la même crise. Il avait promis d’apprendre le français, mais il ne l’a pas fait. Je doute qu’il le fera maintenant, car il ne le souhaite pas.”. Le Parti québécois, quant à lui, a choisi de s’abstenir de voter sur la motion, estimant qu’elle est inutile et qu’elle ne changera rien à la situation.
Le Parti libéral du Québec a changé de position et a également réclamé la démission de M. Rousseau. Québec solidaire et le Parti conservateur ont également demandé son départ. À Ottawa, le premier ministre Mark Carney s’est dit “déçu” par la sortie de M. Rousseau, qu’il juge un manque de jugement et de compassion. M. Rousseau a été convoqué le 1er mai prochain devant le comité des langues officielles de la Chambre des communes.
Autres actualités du jour :
- Gilbert Rozon a retiré sa poursuite en diffamation contre Julie Snyder et Pénélope McQuade.
- Éric Caire, ex-ministre caquiste, ne sollicitera pas d’autre mandat après 19 ans de vie politique.
- Le Canada continuera de soutenir l’Ukraine à court, moyen et long terme, a affirmé la ministre des Affaires étrangères.
- Le gouvernement de Mark Carney a atteint la cible de 2 % du PIB en dépenses militaires de l’OTAN.
- Sept familles ont été évacuées suite à un incendie dans un immeuble résidentiel à Montréal.
- Les cuisines collectives demandent à Québec de reconnaître leur importance et de leur accorder plus de moyens.
- Paul Arcand a réagi à la controverse entourant Michael Rousseau dans sa revue de presse.
- La Fonderie Horne pourra émettre plus d’arsenic et d’autres métaux lourds que prévu.




