
Émile Benamor arrêté dans l’enquête sur l’incendie du Vieux-Montréal
Montréal, QC – Trois ans et deux jours après l’incendie dévastateur qui a coûté la vie à sept personnes dans un immeuble patrimonial de la Place d’Youville, au cœur du Vieux-Montréal, la police a arrêté le propriétaire de l’immeuble pour homicide involontaire, a rapporté La Presse.
Mercredi matin, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont placé Émile Benamor, un avocat controversé et investisseur immobilier actif, en état d’arrestation en lien avec les décès survenus lors de l’incendie du 16 mars 2023. M. Benamor a été interpellé alors qu’il effectuait une tournée de ses propriétés, peu avant 7h.
Selon le mandat d’arrêt, Émile Haim Benamor, âgé de 63 ans, fait face à 15 chefs d’accusation d’homicide involontaire. Il est accusé d’avoir causé la mort de sept personnes : Nathan Sears, Camille Maheux, Charlie Lacroix, Walid Belkahla, Dania Zafar, Saniya Khan et An Wu. Il est également accusé d’avoir blessé huit autres personnes par négligence criminelle. Il devrait comparaître prochainement au palais de justice de Montréal.
Depuis le drame de mars 2023, M. Benamor avait affirmé à plusieurs reprises sa volonté de collaborer pleinement avec l’enquête policière.
Les circonstances de l’incendie
Au moment de l’incendie, 22 personnes se trouvaient à l’intérieur de l’immeuble. Six ont pu s’échapper indemnes, neuf ont été blessées et hospitalisées, et malheureusement, sept ont perdu la vie. Certains logements étaient sous-loués via la plateforme Airbnb, dont au moins un sans fenêtre.
Charlie Lacroix et Walid Belkahla, tous deux âgés de 18 ans, avaient loué un appartement pour une soirée sur un site de location à court terme. Selon le témoignage du père de Charlie Lacroix, Louis-Philippe Lacroix, son fils aurait lancé un appel au 911 en disant : « Venez nous chercher, on ne peut pas sortir. »
Enquête et antécédents
L’incendie a été qualifié de criminel. Un suspect, Denis Bégin, avait été filmé sur les lieux le matin du drame et avait affirmé connaître l’origine de l’incendie, mais n’a pas été accusé à ce stade.
Un mois après l’incendie, La Presse a révélé, grâce à la Loi sur l’accès aux documents, que le propriétaire avait reçu plusieurs avis d’infraction au cours des 14 années précédentes, concernant des escaliers de secours inaccessibles, l’absence de détecteurs de fumée et de portes coupe-feu. M. Benamor s’était défendu vigoureusement, affirmant que la Ville lui avait demandé de condamner un escalier et qu’il avait entrepris des travaux pour corriger toutes les déficiences. Il avait également déclaré devant la cour municipale qu’il vérifiait personnellement la sécurité de ses immeubles, effectuant des visites quotidiennes.
« Je visite mes immeubles tous les jours », avait-il répété à la juge. « On vérifie qu’il n’y a pas de cigarettes laissées là, pas d’eau qui coule. Je le fais tous les jours entre 6h30 et 7h30. La fin de semaine, je me repose, mais la semaine, je passe. » Il ajoutait qu’il s’assurait que les sorties d’urgence n’étaient pas bloquées et que les portes n’étaient pas verrouillées.
Source: La Presse




