
Dans la nuit du samedi au dimanche, le Québec, comme une grande partie du Canada, passera à l’heure d’été, sacrifiant une heure de sommeil au profit d’une heure de soleil. Bien que certaines provinces aient déjà aboli le changement d’heure, le Québec maintient cette tradition séculaire, malgré un mécontentement croissant de sa population. Cependant, un débat important persiste : l’heure d’été est-elle réellement bénéfique ?
La Colombie-Britannique a récemment annoncé l’adoption permanente de l’heure avancée à compter du 8 mars, laissant aux municipalités le choix de suivre cette tendance. Le Québec, l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont, pour l’instant, choisi de conserver le système actuel. Il est important de noter que certaines municipalités de la Basse-Côte-Nord au Québec vivent déjà à l’heure normale de l’Atlantique toute l’année.
Une consultation publique menée par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a révélé une volonté écrasante des Québécois de mettre fin au changement d’heure. 91% des 214 000 répondants se sont exprimés en faveur de l’abolition, avec 72% préférant le maintien de l’heure d’été tout au long de l’année. Le ministre a affirmé que cette volonté populaire guidera les prochaines étapes du dossier.
Les experts en sommeil plaident pour l’heure normale
Malgré la préférence populaire pour l’heure d’été, des experts en sommeil mettent en garde contre ses effets potentiellement néfastes. Le Dr Marc Hébert, professeur à l’Université Laval et spécialiste des effets de la lumière sur le cerveau, souligne l’importance de la lumière matinale pour la régulation de l’horloge biologique. Il explique que le passage à l’heure d’été réduit l’exposition à la lumière du matin, ce qui peut perturber les rythmes circadiens.
“C’est la lumière du matin qui est la plus importante. Pas celle à la fin de la journée. On ne devrait pas se fier à la population pour prendre des décisions aussi importantes qui peuvent affecter notre biologie.”
Le Dr Christophe Moderie, psychiatre et chercheur au CIUSSS du nord de Montréal, partage cette analyse. Il explique que la perte d’une heure de sommeil combinée à la privation de sommeil chronique dont souffre une grande partie de la population peut avoir des conséquences significatives sur la santé. Des études ont même montré une augmentation du risque d’accidents de voiture mortels dans la semaine suivant le changement d’heure.
Comment atténuer les effets du changement d’heure ?
Pour minimiser les effets négatifs du changement d’heure, les experts recommandent de s’adapter progressivement en réduisant de 15 minutes de sommeil par jour les nuits précédant le passage à l’heure d’été. L’exposition au soleil ou à la luminothérapie peut également aider à resynchroniser les rythmes circadiens. Il est crucial de privilégier une bonne hygiène de sommeil et de maintenir une routine régulière.
Le débat sur l’heure avancée continue de faire rage, opposant la volonté populaire à l’avis des experts en sommeil. Il est essentiel de prendre en compte les implications pour la santé publique et de trouver une solution qui optimise le bien-être de la population québécoise. Pour en savoir plus sur les rythmes circadiens et leur impact sur la santé, vous pouvez consulter la Sleep Foundation.

