
Les Pires Arrêts d’Autobus de Québec: Un Reportage du Journal de Québec
Les usagers du transport en commun à Québec connaissent bien les défis : attendre sur un banc de neige, au bord d’une autoroute, risquant d’être éclaboussés par les voitures. Le Journal de Québec a enquêté sur les pires arrêts d’autobus de la capitale, en consultant les conseils de quartiers et l’organisme Accès transports viables (ATV). Bien que cette démarche ne soit pas scientifique, elle met en lumière des situations souvent dénoncées par les usagers du Réseau de transport de la capitale (RTC).
Des Arrêts Dangereux et Inconfortables
Le long du tracé du nouveau 804, desservant Val-Bélair, l’arrêt numéro 2576 sur le boulevard Pie-XI est particulièrement périlleux. Coincé entre la route, une étroite piste cyclable et une glissière de sécurité, il borde un ravin. La présidente du conseil de quartier espère l’ajout d’un trottoir pour améliorer la sécurité, mais même ainsi, traverser Pie-XI reste un défi. “À l’heure de pointe, il faut attendre qu’il y ait deux automobilistes généreux qui vous laissent passer”, témoigne-t-elle.
Les usagers des parcours 22 et 29 ne sont pas mieux lotis dans le parc technologique Einstein. En hiver, ils doivent choisir entre attendre dans la rue ou sur un monticule de neige battue. “C’est soit on se fait frôler par les voitures, soit on patiente sur le banc de neige”, résume un usager anonyme.
Des Installations Déplorables
Dans les parcs industriels Jean-Talon et Saint-Malo, plusieurs arrêts sont négligés. Sur la rue Faraday, un arrêt côtoie même un vieux bac à recyclage rouillé. Situé sur un coin de rue sans trottoir, il offre une attente peu réjouissante. Le conseil de quartier de Saint-Sauveur souhaite des installations plus conviviales et un réaménagement du parc industriel axé sur la mobilité active.
La rue Bouvier, très passante, abrite des arrêts de bus implantés sur un étroit terre-plein triangulaire de béton, entre des bretelles d’autoroute. L’accès à ces îlots nécessite de traverser de nombreuses voies de circulation. Myriam Nicker-Hudon, présidente du conseil de quartier de Saint-Sauveur, déplore que certains arrêts soient situés dans des “espaces terrifiants, comme si on voulait punir ceux qui prennent le transport collectif”.
Des Exemples Flagrants
Un arrêt près de la bretelle d’accès à l’autoroute Félix-Leclerc, devant une station-service, offre peu de place aux usagers du parcours 85. Québec a même remporté le prix du pire arrêt de bus en Amérique du Nord en 2021 avec la station 2982 du parcours 18 sur Frank-Carrel. Cette station, devant un commerce de portes et fenêtres, confine les utilisateurs à la bordure de rue, flanquée d’une glissière de sécurité, sans banc ni abribus.
L’arrêt situé sur Saint-Nicolas, près de l’Hôtel-Dieu, est également critiqué pour sa simplicité : un simple poteau planté entre un mur de briques et un trottoir étroit.
Le Terminus D’Youville: Un Cas Particulier
Le terminus D’Youville, bien que mal aimé des résidents, a pourtant du potentiel en raison de sa localisation optimale. Les griefs sont nombreux : sa laideur, sa décrépitude, sa dangerosité et son horloge centrale bloquée depuis longtemps.
Une Diminution du Nombre d’Arrêts
En 2025, le RTC a modifié son réseau, ajoutant et retirant des arrêts. Au total, 87 arrêts ont été supprimés, portant le nombre total à 4286. Saint-Augustin-de-Desmaures et l’arrondissement Sainte-Foy–Sillery-Cap-Rouge ont été les plus touchés.
Le Sentiment d’Insécurité
Accès transports viables (ATV) a constaté que certains terminus du RTC exacerbent le sentiment d’insécurité, notamment ceux de Marly et de la Faune, en raison de leur isolement et de leur éclairage limité. À l’inverse, le terminus de la place D’Youville est bien intégré et offre une mixité d’usages.
ATV souligne l’importance de prendre en compte le sentiment de sécurité dans la planification urbaine et de travailler sur les aménagements pour améliorer l’expérience des usagers du transport en commun.
Vous avez identifié un arrêt qui mérite d’être ajouté à cette liste ? Envoyez vos photos et descriptions au Journal de Québec!
Accès transports viables (ATV)




