
Le Devoir: La lutte pour la survie de Massueville et le refus de Saint-Aimé
Le village de Massueville, en Montérégie, se trouve à un carrefour critique. Confronté à des difficultés financières croissantes, il cherche désespérément une solution à travers une fusion avec son voisin, Saint-Aimé. Cependant, cette proposition se heurte à un refus catégorique de la part de Saint-Aimé, une municipalité agricole plus prospère. Cette situation, rapportée par Le Devoir, met en lumière les défis de financement auxquels sont confrontées de nombreuses villes du Québec.
Un village enclavé, une histoire commune
Pour atteindre Massueville, il faut traverser les vastes champs de Saint-Aimé. Avec seulement 556 habitants, Massueville est un village pittoresque, niché au bord de la Yamaska, avec une église néoclassique, un parc charmant et des maisons du XIXe siècle. Géographiquement enclavé au milieu des terres de Saint-Aimé, Massueville partage une histoire commune avec son voisin, les deux entités étant issues de la même seigneurie. Historiquement, l’hôtel de ville de Saint-Aimé était même situé sur la rue principale de Massueville.
Une crise financière alarmante
“On s’en va dans le mur et on n’a pas la collaboration de la campagne”, exprime Richard Gauthier, maire de Massueville, avec inquiétude. La municipalité a à peine réussi à équilibrer son dernier budget en puisant dans ses réserves et se retrouve à court de 94 000 $ pour couvrir ses dépenses pour 2026. La hausse des frais de base – quote-part à la MRC, égout, aqueduc, service incendie – pèse lourdement sur les finances de Massueville.
Pour faire face à cette crise, la municipalité a dû augmenter les taxes de 7 % lors du dernier exercice financier. Benoît Lefebvre, directeur général de Massueville, s’inquiète : “On s’enligne pour envoyer six avis de vente pour défaut de paiement des taxes, je n’ai jamais vu ça”. La situation est critique, et le maire craint de voir le village se vider de ses habitants.
Le refus de Saint-Aimé
Massueville a demandé à Saint-Aimé de revoir les ententes sur la gestion de la bibliothèque, du parc et des loisirs, qui sont actuellement partagés 50/50. Cependant, Saint-Aimé refuse catégoriquement la fusion. Denis Benoît, maire de Saint-Aimé, explique : “Chez nous, à Saint-Aimé, on n’a pas de service d’égout ni de lumières de rue. On ne voit pas pourquoi on aurait à fusionner pour payer les infrastructures de Massueville”. Il estime que les économies potentielles sont minimes.
Marie-Soleil Beauregard, conseillère municipale de Saint-Aimé, souligne que la richesse foncière ne reflète pas nécessairement les revenus des agriculteurs. Elle ajoute que les services facturés par la MRC sont calculés en fonction de la richesse foncière, ce qui crée des disparités.
Une fusion, une solution miracle ?
Danielle Pilette, professeure à l’UQAM et spécialiste de la fiscalité des municipalités, tempère l’enthousiasme pour une fusion. Selon elle, une fusion entre deux entités de taille similaire n’est pas une solution magique. Elle suggère que les petits villages devraient plutôt envisager de se joindre à des villes plus grandes pour diversifier leurs revenus et accéder à plus de services. Elle met en garde contre le risque de perdre de la richesse foncière pour Saint-Aimé en cas de fusion.
Mme Pilette propose également à Massueville de se concentrer sur l’attraction d’entreprises et l’amélioration de son cadre bâti pour augmenter la valeur des maisons. Cependant, le maire de Massueville reste sceptique et espère une intervention gouvernementale pour résoudre le problème du financement des municipalités.
Cet article, publié dans Le Devoir, met en évidence les défis auxquels sont confrontées les petites municipalités du Québec et la nécessité de trouver des solutions durables pour assurer leur avenir. Lire l’article complet sur Le Devoir.




