
La plupart des Canadiens se préparent à effectuer le changement d’heure dans la nuit de samedi à dimanche. Cette tradition, bien que familière, est de plus en plus remise en question à travers le pays. Alors que certains provinces envisagent d’adopter l’heure avancée à longueur d’année, d’autres se penchent sur l’abolition complète du changement d’heure.
La Colombie-Britannique ouvre la voie
La Colombie-Britannique fera ce changement pour la dernière fois, la province ayant annoncé son intention d’adopter l’heure avancée à longueur d’année. Elle suit ainsi les traces du Yukon, qui avait déjà pris cette décision en 2020. Cette initiative alignera la Colombie-Britannique et le Yukon avec l’Alberta en hiver et les États de la côte ouest américaine en été. La Saskatchewan, pionnière en la matière, a quant à elle abandonné le changement d’heure dès 1966.
Plusieurs autres communautés canadiennes ne suivent pas le changement d’heure, comme la Basse-Côte-Nord au Québec, qui maintient l’heure normale de l’Atlantique toute l’année.
Un débat national relancé
La décision de la Colombie-Britannique a ravivé le débat au niveau national. L’Alberta, par exemple, étudie également la possibilité d’adopter l’heure avancée à longueur d’année, bien qu’un référendum en 2021 ait révélé une opposition majoritaire (50,2%) à cette idée. Le Québec a mené des consultations publiques en 2024, et les résultats ont montré que 91% des participants étaient favorables à l’abolition du changement d’heure, avec une préférence pour l’heure d’été (72%).
Les implications pour la santé et la sécurité
Le Dr Thanh Dang-Vu, neurologue et chercheur, souligne que l’heure normale (d’hiver) serait la plus bénéfique pour la santé, notamment pour le sommeil et la régulation du rythme circadien. Il met en garde contre les conséquences d’un maintien de l’heure avancée toute l’année, comme des levers de soleil tardifs en hiver et des risques pour la sécurité publique, notamment pour les écoliers qui se rendraient à l’école dans l’obscurité.
Des études de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ont également révélé des variations du nombre d’accidents dans les 30 jours suivant un changement d’heure, en particulier ceux impliquant des piétons.
Le débat sur le changement d’heure est donc complexe et soulève des questions importantes concernant la santé, la sécurité et le bien-être des Canadiens. L’avenir de cette tradition au Canada reste incertain, mais une chose est sûre : le sujet est loin d’être clos.
Pour plus d’informations sur les fuseaux horaires au Canada, consultez le Conseil national de recherches Canada.




